Sortez, sinon je vous fais ramasser pour outrage>. Le procureur, Mlle Joncour, en a trop entendu hier lors de la comparution de Bayram Parmak, l'homme qui a foncé sur un policier à Borny (lire notre précédente édition).
Dans la salle d'audience, le frère du prévenu et sa mère ont vivement manifesté leur indignation. Indignation à l'égard des forces de l'ordre, lors de l'instruction. Mais le tribunal a stoppé net leurs éclats de voix. Parmak arrive à la barre, les poignets entravés par une paire de menottes. Son avocat, Me Sébastien Dollé, s'approche des magistrats et réclame un délai pour que son client puisse préparer sa défense. L'affaire ne sera donc pas jugée sur le fond, mais sur le placement ou non sous mandat de dépôt de l'intéressé.
Le président, Mme Escolano, rappelle les chefs d'accusation: violences volontaires avec arme (la voiture), délit de fuite, faux et usage de faux, défaut d'assurance. Des infractions que le ministère public qualifie de "particulièrement graves, ayant causé un trouble important à l'ordre public>. Mlle Joncour requiert la détention, "car on ne peut tolérer qu'un fonctionnaire de police soit victime de ce type d'agissements>.
Mandat de dépôt
La défense pour sa part estime que les circonstances de l'agression "méritent d'être éclaircies>. "Mon client ne risque pas d'exercer des pressions sur les victimes>. Me Dollé plaide donc la liberté: "il a l'habitude des tribunaux. Il se présentera à l'audience>.
La séance est suspendue. Pendant que les magistrats délibèrent, la famille du prévenu s'insurge. La mère: "Vous avez vu la tête de mon fils. Tous les jours, il se fait taper dessus par les policiers>. Le frère: "On va le mettre en prison pour les violences qu'il a subies!> Il fait référence à l'interpellation musclée: "Vous voulez juger, alors que c'est nous qui sommes les victimes>. Le malaise est palpable. Dans un accès de colère, le jeune homme lance aux gardiens de la paix: "On va faire comme dans les films avec la mafia. On va tous vous flinguer". Le procureur ordonne au fauteur de troubles de sortir.
Bayram Tarmak revient à la barre. Le mandat de dépôt est prononcé à son encontre. Sur le coup, il ne réagit pas, puis en guise de protestation hurle. Il sera jugé sur le fond le 23 mars à 14 h.
