Borny

Borny
Audience mouvementée hier après-midi lors de la comparution de Bayram Parmak qui avait, mercredi soir à Borny, foncé sur un policier de la BAC. L'homme a été placé sous mandat de dépôt en attendant d'être jugé le 23 mars.

Sortez, sinon je vous fais ramasser pour outrage>. Le procureur, Mlle Joncour, en a trop entendu hier lors de la comparution de Bayram Parmak, l'homme qui a foncé sur un policier à Borny (lire notre précédente édition).

Dans la salle d'audience, le frère du prévenu et sa mère ont vivement manifesté leur indignation. Indignation à l'égard des forces de l'ordre, lors de l'instruction. Mais le tribunal a stoppé net leurs éclats de voix. Parmak arrive à la barre, les poignets entravés par une paire de menottes. Son avocat, Me Sébastien Dollé, s'approche des magistrats et réclame un délai pour que son client puisse préparer sa défense. L'affaire ne sera donc pas jugée sur le fond, mais sur le placement ou non sous mandat de dépôt de l'intéressé.

Le président, Mme Escolano, rappelle les chefs d'accusation: violences volontaires avec arme (la voiture), délit de fuite, faux et usage de faux, défaut d'assurance. Des infractions que le ministère public qualifie de "particulièrement graves, ayant causé un trouble important à l'ordre public>. Mlle Joncour requiert la détention, "car on ne peut tolérer qu'un fonctionnaire de police soit victime de ce type d'agissements>.


Mandat de dépôt


La défense pour sa part estime que les circonstances de l'agression "méritent d'être éclaircies>. "Mon client ne risque pas d'exercer des pressions sur les victimes>. Me Dollé plaide donc la liberté: "il a l'habitude des tribunaux. Il se présentera à l'audience>.

La séance est suspendue. Pendant que les magistrats délibèrent, la famille du prévenu s'insurge. La mère: "Vous avez vu la tête de mon fils. Tous les jours, il se fait taper dessus par les policiers>. Le frère: "On va le mettre en prison pour les violences qu'il a subies!> Il fait référence à l'interpellation musclée: "Vous voulez juger, alors que c'est nous qui sommes les victimes>. Le malaise est palpable. Dans un accès de colère, le jeune homme lance aux gardiens de la paix: "On va faire comme dans les films avec la mafia. On va tous vous flinguer". Le procureur ordonne au fauteur de troubles de sortir.

Bayram Tarmak revient à la barre. Le mandat de dépôt est prononcé à son encontre. Sur le coup, il ne réagit pas, puis en guise de protestation hurle. Il sera jugé sur le fond le 23 mars à 14 h.

# Postato venerdì 27 febbraio 2004 10:03

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Guerre des clans: le "krapi" met le feu aux poudres
La discorde entre deux joueurs de "krapi" sur un terrain vague de Borny a dégénéré en guerre des clans. Au final des deux épisodes qui ont émaillé la soirée, deux blessés. La justice a soldé les comptes de la bagarre.

"On trouve de tout à Borny, et personne ne s'en étonne.> Les avocats en premier, qui touchent de près, dans les prétoires, au quotidien délictuel de la ville. Restait le "krapi>, ce jeu d'origine asiatique, jusque-là méconnu de Me Zakia Aït Ali Slimane qui s'offusque de ce que les initiés y "brassent beaucoup d'argent>, au su et au vu de tout le monde, tout en alimentant autour des tables de jeu, "une économie parallèle>.

La jeune avocate messine prend la défense de Karim Lainel, absent du champ des Soeurs, véritable casino à ciel ouvert et théâtre de la "pagaille> qui a dégénéré, le soir du 27 avril dernier. Le différend à propos d'une mise de 5Eur a débuté entre deux joueurs. L'un d'origine maghrébine, l'autre d'origine asiatique en sont venus aux mains.

L'accrochage a fini en bagarre générale dès lors que le premier est allé chercher du renfort. Sévère mêlée au cours de laquelle un jeune homme a été blessé d'un coup de couteau. La guerre des clans a repris en début de soirée avec la descente d'un groupe issu de la communauté asiatique rue du Vermandois.

Armé de "crics, barres de fer, battes de base-ball> le commando s'arrête au pied d'un immeuble. En sortant de son logement, pour dit-il parlementer, Karim Lainel s'empare de son fusil à pompe. La tension est extrême. Trois coups de feu sont tirés. La troupe se disperse. Un homme est blessé. Une balle pénètre dans un appartement de la rue voisine, une autre se fiche dans l'aile d'une voiture stationnée près de l'entrée d'où sont partis les coups de feu.

Devant le tribunal correctionnel, hier, Karim Lainel, auteur présumé des tirs, détenu depuis le 16 mai, et Hien Tho Tang, suspecté d'avoir porté le coup de couteau dans la mêlée trois heures plus tôt, en prison depuis le 24 juin. Deux prévenus, pour le premier étranger au jeu et à la discorde initiale, pour le second absent lors de la montée de violence, rue du Vermandois.

Un "cycle infernal> qui laisse à Me Anne Rupp, conseil de Tang, la nette "impression d'un affrontement entre deux communautés>, dans lequel son client n'a été qu'un acteur involontaire. Me Aït Ali Slimane est du même avis en ce qui concerne Lainel "impulsif, immature> qui a "réagi ce jour-là on ne comprend pas trop pourquoi.>

Des "5 euros, point de départ" aux conséquences douloureuses pour les victimes, le procureur mesure la gravité des actes, et le trouble particulièrement important qui a affecté l'ordre public. Ses réquisitions sont à l'identique pour les deux prévenus: 20 mois dont dix avec sursis. Le tribunal leur a infligé à chacun dix-huit mois d'emprisonnement dont dix assortis du sursis. Des peines venant en déduction des mois passés en détention provisoire.

# Postato venerdì 05 dicembre 2003 08:10

Modificato giovedì 25 marzo 2004 05:07

cest le ref de Mehmet

Rodéo en voiture volée: prison ferme pour Ayhan Parmak

Dans la nuit du 27 avril dernier, Ayhan Parmak est identifié par deux policiers au volant d'une voiture, signalée volée quelques heures plus tôt. Ce dernier prend la fuite, entre en collision avec le véhicule des policiers et s'éloigne rapidement du lieu de l'accident. Il est interpellé le lendemain matin à son domicile. Prévenu de recel, de refus d'obtempérer, d'outrages, délit de fuite et de conduite à vitesse excessive, il nie sa présence sur les lieux et dans la voiture. "Mon client n'a pas été interpellé sur le fait, ce qui laisse un doute", tente son conseil Me Philippe Rubinstein. Le tribunal a infligé à Ayhan Parmak 6 mois de prison ferme et 150 Eur d'amende. Dans l'équipée, l'auto a subi d'importants dégâts, en conséquence, il devra verser 1 800 Eur de réparation et 150 Eur au titre du préjudice moral au propriétaire.

# Postato venerdì 21 novembre 2003 11:33

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"Vous allez voir, c'est un fou furieux..."

METZ (tribunal correctionnel).- La présidente statue à juge unique mais il va falloir lui trouver deux assesseurs pour assurer les comparutions immédiates. Ce qui semble poser problème...

- Je vais quand même prendre cinq minutes pour examiner les dossiers. D'ici là, on aura bien fini par trouver un collègue dans les étages!, se rassure-t-elle.

- J'ai encore un détenu en bas, on pourrait peut-être le prendre avant?, suggère l'huissier.

- On va plutôt terminer avec les dossiers de 14h, on prendra ensuite les comparutions, décide la juge.

À la suspension d'audience, une escouade de CRS se met en place. "Vous allez voir, c'est un fou furieux, je l'ai déjà eu au tribunal pour enfants>, met en garde un avocat. Un rugissement, il n'y a pas d'autre mot, s'élève de l'extérieur. Mehmet, 22 ans, un colosse d'1m95, oeil de verre et voix caverneuse, pénètre dans la salle en hurlant, encadré par cinq policiers.

- Salam Aleikoum!, braille-t-il sitôt à la barre. J'vous connais, vous! J'connais l'proc!

Le président tente de garder son flegme:

- Bonjour, vous êtes né à Metz, vous avez...

- Ouais, ouais, laisse moi tranquille, toi!

- Humm, bien, votre domicile?

- SDF, j'lai déjà dit cent fois!

- Et votre profession?

- Fils de p... de surveillant de prison, si vous m'y mettez, y aura un mort!, disjoncte Mehmet.

- Bien... Votre situation ne...

- Y a pas de situation, tu comprends rien toi! Et puis, arrête de gueuler dans ton micro, espèce de c...

Impassible, le président s'efforce de résumer les faits. Une boulangerie braquée avec une arme factice...

- La vie d'ma mère, j'ai rien fait! vocifère le prévenu.

- Vous pouvez-vous taire?, ordonne un assesseur.

- Qu'est-ce t'as toi, t'as un problème?, menace Mehmet. Si j't'attrape, tu vas voir! J'm'appelle Mahmet et sans les menottes, t'es mort!

- Notez, Mme le greffier!, s'énerve le président.

- Note, toi, bâtarde!, rigole Mehmet.


"Vive Ben Laden!>


Dans la salle, plus personne ne rit. "Qu'est-ce qu'un givré pareil fait en comparution immédiate?>, chuchote un avocat. Le président tente de maîtriser l'audience:

- Bien, M. le procureur, si vous en êtes d'accord, je...

- Ferme ta gueule, haaaaah!, hurle le prévenu.

Prudent, le procureur réclame une expertise psychiatrique "avant dire droit".

- Ouais, excuse-moi pour tout ce que j'ai dit, et d'abord bonjour. J'suis malade!, se ravise Mehmet.

- Effectivement, le tribunal constate objectivement que...

- J'vais t'faire sauter, bâtard!, rugit-il à nouveau.

La greffière (affolée), la victime (mortifiée), l'escorte (énervée)... Chacun en prend pour son grade:

- J'nique ta cousine, Le Pen et ta mère! Toi, retire ta plainte et vas mourir! (il crache par terre) Vive Ben Laden!

Alors que le tribunal se retire pour délibérer, Mahmet s'affale sur son banc:

- J'suis fatigué, maintenant, la vie d'ma mère!

Mais bientôt, le délire reprend de plus belle:

- Les Gaulois ont peur que le ciel leur tombe sur la tête. Toi (à la greffière), t'es une schtroumpfette. Francis le Belge, je l'connais! Et ma meuf, j'la trouve au bled mais y a pas moyen...

Et le tribunal qui ne revient pas. La salle est tétanisée...

- Trou, Dutroux, Balladur, ta mère!, continue Mehmet.

Il menace les policiers:

- J'vous n... tous les trois, et à mains nues!

Enfin, le tribunal est de retour...

- Bien, le tribunal ordonne une expertise psychiatrique et renvoie l'affaire au 30 octobre. En attendant, vous êtes placé sous mandat de dépôt.

Le prévenu se met à danser sur un pied. Les murs tremblent.

- Merci, ouahhhh! Demain, y aura un mort. Mais d'abord, j'vais dormir. J'suis fatigué...

Il quitte la salle sous bonne escorte et menace une dernière fois la malheureuse greffière:

- J'vais t'fumer, toi!

- Le président, consterné: Bien, l'audience reprend avec une autre composition.

- J'vous avais prévenu, rigole l'avocat de tout à l'heure. Il y a quelques années, un psychiatre avait déjà conclu à l'abolition totale de son discernement. Ça s'est pas arrangé! Mais qu'est-ce qui leur a pris de déférer ce dingue?

- Tu m'étonnes!, soupire son collègue.


# Postato sabato 15 novembre 2003 09:53

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"Y a beaucoup de loi du silence dans le milieu de l'héroïne"
Les trois prévenus, Chocolat, Coco et Clando ont à peine vingt ans et comparaissent pour avoir écoulé près de 7 kg d'héroïne en moins d'un an. Le tribunal a condamné "le cerveau" à trois ans de prison ferme et ses deux disciples à douze et huit mois.

Tout ça c'est un coup monté par quelqu'un qui veut m'enfoncer en se faisant passer pour moi>. Jonathan Ouchache, à peine vingt ans, les poignets entravés par des menottes comparaît pour une grosse affaire de "stups>. Entre fin 2002 et juin 2003, il aurait écoulé, calculs du parquet à l'appui, près de 7 kg d'héroïne, cocaïne et cannabis. "Une entreprise qui pose un problème pour une ville de province comme Metz> estime Mlle Prétat, procureur outré: "Ouchache a organisé un commerce de mort à but lucratif. Il faut lutter contre ce fléau social, véritable atteinte à la santé publique, et incitation à la criminalité>.

L'affaire a éclaté à la suite d'une dénonciation anonyme faisant état d'un vaste trafic orchestré à Borny par un certain Chocolat. Des écoutes téléphoniques ont été mises en place et ont permis de ferrer un premier gros poisson, Cédric Martine, alias Coco, chez qui a été découvert, un kilo d'héroïne. "Ce n'était pas à moi> explique-t-il. "Jonathan (Chocolat) m'avait demandé de le garder et c'était pas la première fois. Ça a dû arriver 3 ou 4 fois!>. La présidente, Mme Micelli: "Ça fait trois ou quatre kilos d'héroïne!> Coco: "Ouais>. "Curieux! Tout le monde vous demande de garder de la drogue>. L'autre: "je touchais 50 Eur par mois pour ça. Et je vous jure, j'suis pas un toxico. J'ai jamais touché à l'héro ou à la coke!>

Le magistrat soupire et met un terme au flot d'explications scabreuses. S'adressant au troisième larron, Abdelkarim Achakri, dit le Clando. "Devant le magistrat instructeur, vous avez refusé de reconnaître avoir conservé de la drogue>. "J'peux pas chez moi. Ma mère, depuis qu'elle a trouvé du shit, elle fouille partout. La came elle était pas à moi. Elle appartenait à Chocolat... Heu à Jonathan>.


Les clandestins


Chocolat est le cerveau présumé de l'histoire. Au domicile de sa mère et de sa grand-mère ont été retrouvés 465 g d'héroïne, 43 de cocaïne et 3 760 Eur. A la différence de ses comparses placés sous contrôle judiciaire, lui qui aurait tout manigancé, est incarcéré depuis juin dernier. Cinq mois pour préparer sa défense, et toujours les mêmes arguments.

Il dit ne pas avoir acheté la drogue, mais l'avoir volée à des clandestins qui traînaient dans le quartier et la "cachaient un peu partout>. Puis revient sur sa version en racontant que ces étrangers l'avaient un jour harponné en l'obligeant à devenir leur homme à tout faire. Deux types pas commodes rencontrés dans une discothèque et qui avaient, selon ses dires, du sang sur les mains.

"Un des deux m'a agressé pour que j'lui tienne le produit> bredouille Jonathan. "Après j'ai dû vendre.> La présidente: "vos explications sont un peu particulières>. Le prévenu. "Y'a beaucoup de loi du silence dans ce milieu. Vous ne savez pas tout. J'suis pas là pour vous mentir, mais pour vous raconter mon histoire>. Une histoire fantastique et grotesque résume l'accusation. Mlle Prétat requiert à l'encontre de Ouchache 3 ans de prison ferme, 3 ans d'interdiction des droits civiques et de séjour dans le Grand Est. 24 mois pour Martine et 18 pour Achakri.


Présomption d'innocence


Me Sylvain Cormier, avocat d'Ouchache se montre gêné. "Nous avons affaire à deux personnes qui rejettent la faute sur mon client. Eux, n'ont pas été incarcérés et bénéficient de la présomption d'innocence, alors qu'Ouchache est présenté comme le vrai dealer parce qu'il est enfermé>. La défense demande au tribunal de ne pas suivre les réquisitions du ministère public: "Je trouve scandaleux de vouloir bannir un jeune homme de 20 ans. Ce gosse, c'est un môme qu'il faut récupérer et non enfoncer>.

Jonathan est le dernier à avoir la parole. Pour lui, la prison n'est pas la "meilleure chose pour se réinsérer. Ça fait six mois que j'y suis et j'ai déjà vu deux morts et des dizaines d'agressions>. Chocolat est désolé pour: "ceux à qui j'ai vendu cette drogue". Le tribunal confirme les réquisitions du procureur: 3 ans ferme pour Ouchache, 12 pour Martine et 8 pour Achakri .


# Postato sabato 15 novembre 2003 09:51